Violences familiales à Novy-Chevrières : Un homme condamné à quatre ans de prison pour avoir agressé son fils avec une arme à blanc

par Candide Blomme

Les faits se sont déroulés le 14 juillet dernier. Vers 18 heures, le jeune homme, de retour du travail, était violemment agressé par son père. Sans raison apparente, le mis en cause lui aurait assené plusieurs coups de poing avant de s’éloigner, puis était revenu armé d’un pistolet d’alarme à blanc. Il tirait un coup en direction du jeune homme, qui se jetait au sol par peur. Le père lui infligeait alors des coups de pied et braquait à nouveau son arme vers sa tête. Terrifié, la victime parvenait à s’enfuir, mais un second coup de feu était tiré au niveau de la porte d’entrée.

La victime, en état de choc, était récupérée plus tard dans la soirée par la compagne de son demi-frère. Elle le trouvait tremblant et en détresse. Le lendemain, le jeune homme se rendait donc à la gendarmerie de Rethel pour déposer plainte.

Un état de choc et des séquelles psychologiques importantes

Lors de son examen par un médecin légiste, la victime présentait des ecchymoses et des hématomes sur l’ensemble du corps. Il confiait avoir grandi dans un climat de violences répétées de la part de son père et déclarait : « Si je ne m’étais pas baissé, il aurait pu me tuer ». Le médecin légiste diagnostiquait un état anxio-dépressif et un choc post-traumatique, et établissait une ITT de trois mois.

La mère de la victime, également entendue, confirmait avoir subi des violences tout au long de sa vie commune avec Angelo. Elle remettait aux enquêteurs une arme, un pistolet d’alarme à blanc, pouvant être celle utilisée lors des faits. Aucun impact balistique n’était relevé sur la porte d’entrée, mais des résidus de tir étaient retrouvés sur le tapis de la pièce où a eu lieu la scène et sur les vêtements du prévenu. Deux cartouches étaient également découvertes dans une poubelle.

Un passé judiciaire lourd et une nouvelle condamnation

Angelo n’en est pourtant pas à sa première condamnation pour violences. Son casier judiciaire révèle une peine de cinq ans de prison pour avoir tiré un coup de fusil sur l’agresseur de son frère, afin de le défendre.

Le substitut du Procureur avait requis cinq ans de prison, dont douze mois avec sursis probatoire, assortis d’un maintien en détention. Il avait également demandé des obligations de soins et de travail, une interdiction de contact avec la victime et de paraître à son domicile, ainsi qu’une interdiction de port d’arme pendant dix ans.

Le tribunal a finalement condamné le prévenu à quatre ans de prison, dont douze mois avec sursis probatoire. Les obligations de soins, de travail, ainsi que l’interdiction de contact et de port d’arme ont été maintenues.

Terrorisé et déprimé, le jeune homme, malgré les pressions exercées par la famille de son père pour qu’il retire sa plainte, a tenu à faire entendre sa voix. Son témoignage a permis de faire, au bout des nombreuses années de silence, condamner son agresseur au terme d'un énième épisode de violence.