Portrait : Yoni Valverdé, le boxeur Ardennais qui défie le monde à 24 ans

par Candide Blomme

Yoni Valverdé n’est pas un inconnu dans le monde de la boxe. Double champion de France et champion IBO World Youth en 2023, il a su se forger un palmarès impressionnant malgré les épreuves. Blessé gravement à l’épaule, il a connu une période de doute et de déprime, loin des rings. « Pendant une longue année, plus de boxe, plus d’entraînement. J’ai repris du poids, j’étais clairement en déprime », confie-t-il. Mais c’était sans compter sur son mental d’acier et l’indéfectible soutien de son entourage. « J’ai repris l’entraînement, bien entouré, et j’ai vu que la blessure se soignait plus vite que prévu. J’ai repris confiance en moi », explique-t-il, reconnaissant envers son équipe qui l’a accompagné dans cette remontée.

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Une préparation rigoureuse, entre l'Espagne et les Ardennes

Pour se préparer à ce défi, Yoni Valverdé a mis les bouchées doubles. Son passage à Majorque, où il s’est entraîné aux côtés de sparrings de haut niveau, a été déterminant. Une préparation physique et mentale sans faille, encadrée par une équipe aux rôles bien définis : Madjid Zaïm, son entraîneur principal, Hamid Zaïm, « le boss », qui gère la carrière du jeune homme, Jérémy Vautier pour la gestion mentale, un préparateur physique exigeant, Lhassane Meddour, et bien sûr, son père, ancien boxeur, qui lui a tout appris.

« Chacun a son rôle, et c’est pour ça qu’on avance », insiste Yoni. « Je boxe les yeux fermés, j’ai confiance à 100 % en mon équipe. C’est une très grosse force ». Une confiance qui se traduit par des victoires : trois combats, trois stratégies différentes, trois adversaires de haut niveau dominés. « Je suis un boxeur réfléchi. J’écris tout, je corrige, je discute avec mes coachs. C’est une qualité qui fait la différence ».

Cap sur la demi-finale : Un duel d'invaincus

Son prochain adversaire ? Un Italien d’origine Albanaise, Muhamet Qamili, champion du monde WBC des moins de 25 ans et favori du tournoi. « C’est un guerrier, mais un guerrier oublie parfois son cerveau. Moi, je vais jouer sur ça : l’énerver, le sortir de son combat », analyse Yoni, méthodique et stratégique. « Je vais m’adapter, utiliser mon explosivité et mes esquives. Je veux qu’il vienne en mode guerrier, déterminé à ne pas reculer. Comme ça, je pourrai faire mon travail ».

Le boxeur Ardennais, Yoni Valverdé, revient sur ce qui peut faire la différence avec son adversaire

Le combat est prévu pour le 19 octobre en Arabie Saoudite. D’ici là, Yoni alternera entre Malaga, pour des sparrings intensifs, et les Ardennes, pour peaufiner sa préparation. « On partira le 14 ou 15 octobre. Je boxe le 19, et je reviens le 21, en espérant avec la victoire », précise-t-il, serein mais conscient des enjeux. « Il a 17 combats, 17 victoires. Moi aussi, j’ai 15 combats sans défaite. Il y aura un gagnant et un perdant. Mais je ne me rate jamais ».

Un ambassadeur pour la boxe Française

Yoni Valverde ne se bat pas seulement pour lui. Il porte les couleurs de sa région, de sa ville, de son quartier bien sûr, et de la boxe française. « Je veux montrer qu’il n’y a pas que le foot, le rugby ou le tennis. La boxe est un sport magnifique, qui mérite d’être soutenu », lance-t-il, fier de l’engouement qu’il suscite dans les Ardennes. « Tout le quartier, toute la ville, toute la région sont derrière moi. Ça me motive énormément ».

Son rêve ? Soulever le trophée du WBC Grand Prix, une ceinture majeure, celle de Mohamed Ali et de Mike Tyson. « Si je gagne, je réaliserai mon rêve à 25 ans. Après, je pourrai mourir tranquille », avoue-t-il, non sans humour. Mais Yoni ne compte pas s’arrêter là. « Je suis un travailleur dans l’âme. Je veux continuer à progresser, à me confronter aux meilleurs. Peut-être devenir champion du monde, pourquoi pas ? »

Et après ?

Qu’importe le résultat, Yoni Valverdé a déjà marqué l’histoire. « Même si je perds, je serai fier. Mais je ne me vois pas perdre. Je jure que ça va être dur à me battre », déclare-t-il, le regard déterminé. « Je me prépare à 100 %, pour ne pas avoir de regrets. Je veux que mon adversaire se dise, en me voyant sur le ring : ‘Là, ça va être dur’ ».

Avec une telle détermination, une équipe unie et un palmarès déjà impressionnant, Yoni Valverdé a toutes les cartes en main pour aller jusqu’au bout. Les Ardennes, la France, et le monde de la boxe ont les yeux rivés sur lui. Le 19 octobre, l’histoire s’écrira.