Charleville-Mézières : Première garnison de combat de France

par Candide Blomme

Une démonstration inédite s'est déroulée vendredi 30 janvier au quartier du 3ème régiment du génie, réunissant pour la première fois l'ensemble des acteurs de la sécurité et du secours autour d'un concept novateur : la garnison de combat.

Face à l'évolution des menaces pesant sur le territoire national, le 3ème régiment du génie basé à Charleville-Mézières inaugure un dispositif d'un genre nouveau. Ce vendredi matin, devant le préfet des Ardennes, de nombreux élus et les responsables de tous les services d'urgence, l'armée a présenté les capacités concrètes de cette garnison de combat, première du genre en France.

L'union de toutes les forces

Le concept repose sur une idée simple mais ambitieuse : renforcer la coordination entre tous les services de l'État pour gagner en réactivité et en efficacité. Armée, pompiers, gendarmerie, police nationale et municipale ont déployé leurs moyens respectifs, démontrant leur complémentarité face aux crises potentielles.

Cette journée marque « le coup d'envoi d'un processus de travail collectif », explique le colonel Jérôme Paris, chef de corps du 3ème régiment du génie. Car si la garnison de combat formalise une réalité déjà existante localement, elle vise surtout à améliorer les processus décisionnels.

Le colonel Jérôme Paris, Chef de corps du 3ème régiment du génie

Des capacités opérationnelles impressionnantes

La présentation a révélé l'étendue des moyens mobilisables. Du soutien logistique de base, ravitaillement, hébergement, transport, jusqu'aux capacités les plus spécialisées, tout a été passé en revue.

Les sections du génie ont démontré leurs aptitudes au déblayage de zones sinistrées avec pelleteuses, tronçonneuses et drones de reconnaissance. La section eau-énergie peut produire de l'eau potable à partir de sources naturelles et assurer l'éclairage de vastes zones. Les démineurs, d'astreinte 24h/24, interviennent sur tous types d'engins explosifs, tandis que les nageurs de combat sont prêts à opérer en milieu nautique.

Du côté des sapeurs-pompiers, citernes géantes, postes de commandement mobiles et véhicules d'intervention risques technologiques complètent le dispositif. La gendarmerie et les polices nationale et municipale ont présenté leurs capacités de maintien de l'ordre et de surveillance, incluant des caméras nomades autonomes.

Un laboratoire Ardennais pour la France

La proximité entre le régiment et la caserne des pompiers, distants de quelques centaines de mètres seulement, facilite cette collaboration. Des militaires sont d'ailleurs pompiers volontaires sur leur temps libre, renforçant les liens entre les deux structures.

Cette relation unique fait des Ardennes un « laboratoire » potentiel pour d'autres territoires français. L'enjeu principal ? Améliorer la coordination entre services qui, malgré leurs moyens de communication performants, peinaient jusqu'ici à s'interconnecter efficacement lors de crises complexes.

Le colonel Jérôme Paris, au micro de Radio 8

Face aux menaces hybrides, combinant catastrophes naturelles, désinformation et actes malveillants, la garnison de combat ambitionne d'intervenir sur les situations de haute intensité.

Reste maintenant à transformer cette démonstration de force en réelle capacité opérationnelle. Les exercices, à l'image de celui mené en 2025 avec une prise d'otages simulée à la médiathèque, se multiplieront pour roder ce front uni des services de l'État.