Pollution aux PFAS dans les Ardennes : La sénatrice Else Joseph interpelle Matignon

par Candide Blomme

Reçue mercredi matin à l'Hôtel de Matignon, la sénatrice des Ardennes a plaidé pour des mesures d'urgence face à la contamination de l'eau potable par les PFAS dans plusieurs communes du département. Elle exige des réponses rapides, des financements adaptés et une mobilisation renforcée de l'État.

C'est un dossier brûlant qui mobilise la représentante des Ardennes au Sénat depuis plusieurs mois. Else Joseph, sénatrice des Ardennes, a rencontré ce mardi matin les conseillers santé et environnement du Premier ministre à Matignon. L'objet de cette audience : la contamination de plusieurs communes Ardennaises par les PFAS, ces composés chimiques persistants également appelés « polluants éternels », dont la présence dans les eaux de distribution constitue une menace sérieuse pour la santé publique.

L'accès à l'eau potable, urgence absolue

Lors de cet entretien décrit comme « fructueux, fluide et rapide », la sénatrice a insisté sur la nécessité d'apporter des réponses concrètes et immédiates aux habitants des communes concernées. « L'accès direct à une eau potable, dans les meilleurs délais, est la priorité et l'objectif principal », a-t-elle affirmé, appelant à l'adoption de solutions « claires et souples » qui ne soient pas entravées par les délais habituels des procédures administratives.

Else Joseph, Sénatrice des Ardennes

Else Joseph suit ce dossier depuis le mois de juillet dernier, date à laquelle les premières alertes ont été remontées concernant l'impact de la contamination sur l'écosystème local et sur l'approvisionnement en eau de 13 villages des Ardennes. Elle dénonce un système dans lequel les réponses institutionnelles restent trop souvent liées « au temps long des études, alors que les solutions sont de l'ordre de l'immédiat ».

Else Joseph, au micro de Radio 8

Un plafond de subventions jugé inadapté

La sénatrice a également réitéré devant les conseillers de Matignon sa demande d'une dérogation au taux maximal autorisé des subventions publiques. Le plafond actuel de 80 % est, selon elle, insuffisant pour permettre aux communes et collectivités touchées de financer les travaux nécessaires à la mise en conformité de leurs installations d'alimentation en eau potable. Elle plaide pour que ce taux soit relevé afin de ne pas laisser les élus locaux face à des charges financières insupportables.

Le rôle des agences de l'eau en question

Si la sénatrice se félicite des avancées déjà enregistrées grâce à la coopération entre l'État et ses services, elle appelle à en poursuivre l'élan. Elle pointe notamment le rôle « essentiel » que doivent jouer les agences de l'eau dans la coordination et le financement des actions à mener. Ces établissements publics, chargés de la gestion des ressources hydriques, sont selon elle des acteurs incontournables pour répondre efficacement à la crise.

Contre le sentiment d'abandon

Au-delà des aspects techniques et financiers, Else Joseph insiste sur la dimension humaine du problème. Elle appelle à des réponses rapides pour « écarter tout climat anxiogène et tout sentiment d'abandon » que pourraient ressentir les habitants et leurs élus. Elle rend hommage au dévouement de ces derniers, qui font face à une situation sanitaire et environnementale préoccupante avec des moyens souvent limités.

La sénatrice a conclu son communiqué en assurant qu'elle continuerait à suivre de près ce dossier jusqu'à l'aboutissement de solutions concrètes, « pour la sérénité des habitants et pour l'économie locale, sur des enjeux de santé publique, d'environnement et de financement ».