De la Meuse au festival international, les grandes ambitions d'Alain Bozetti, nouveau chef d'orchestre de la culture à Sedan
Il arrive avec 50 ans de bagage culturel sous le bras et une ambition simple : faire de Sedan une ville « où il fait bon rester deux jours plutôt qu'un ». Alain Bozetti, tout juste élu adjoint à la culture et au patrimoine de la ville, n'a pas perdu de temps pour dessiner les contours d'un mandat qu'il voit long, réfléchi, et résolument ambitieux.
Première nouveauté de taille : culture et patrimoine ne font désormais plus qu'un. Une fusion inédite qu'Alain Bozetti revendique comme une évidence. « C'est d'une grande cohérence », dit-il, et les acteurs du territoire semblent lui donner raison.
Son plan de route tient en trois temps, comme l'explique Alain Bozetti, au micro de Radio 8
Pas de promesses dans le vent, pas d'effets d'annonce : l'homme préfère les fondations solides aux châteaux de sable. Car des fondations, Sedan en a.
Le château fort, locomotive touristique avec ses 120 000 visiteurs annuels, est là. Les associations, les services culturels, le pôle danse, la MJC Calonne, les festivals Guitare & Patrimoine et Cuivres en Ardennes : tout ça tourne déjà. « Je suis sur des rails », reconnaît-il volontiers. Son rôle ? Être le chef d'orchestre qui fait jouer tout le monde ensemble, en évitant que deux événements majeurs ne se télescopent le même week-end.
Mais Alain Bozetti ne compte pas s'arrêter au patrimoine médiéval. Dans sa vision, un pont sur la Meuse avec un QR code qui raconte son histoire, c'est du patrimoine. Le stade Dugauguez, avec ses visites complètes à 50 personnes à chaque fois, c'est du patrimoine. Et les quartiers périphériques, Torcy en tête, méritent autant d'attention culturelle que le centre-ville.
Les précisions d'Alain Bozetti, nouvel Adjoint à la Culture et au Patrimoine à Sedan
Côté rêves, il en a quelques-uns dans sa besace : un festival transculturel tourné vers la Belgique et le Luxembourg, une offre musicale pour les jeunes, un événement dédié à la musique classique, peut-être un salon du livre. Rien de figé, mais des pistes sérieuses. Toutes seront soumises à l'appréciation du maire, Didier Herbillon, qui reste la boussole de l'adjoint. C'est à lui qu'Alain Bozetti fera ses propositions, dans le respect d'une ligne politique partagée et d'une vision commune pour la ville.
Avec, toujours, une exigence : la médiation culturelle. Pas une présence superficielle ou tardive, mais une présence permanente, ancrée dans les écoles et les quartiers, parce que « la culture est un moyen d'émancipation et de liberté ».
Dans sept ans, il considérera avoir réussi si Sedan a décroché deux rendez-vous culturels qui font rayonner la ville bien au-delà de ses 17 000 habitants. Un pari raisonnable pour un homme qui, de son propre aveu, « n'aime pas la précipitation ». Le temps est son allié. Et visiblement, il compte bien s'en servir.