Violente agression à Sedan : Une nouvelle expertise psychiatrique ordonnée

par Candide Blomme

Le tribunal de Charleville-Mézières s'est penché ce vendredi 5 juin sur le dossier d'Adrien, 54 ans, domicilié à Sedan, poursuivi pour des faits de violences aggravées ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours.

Les faits remontent à la nuit du 5 avril dernier. Selon les éléments exposés à l'audience, la victime, un ami de longue date d’Adrien, qu'il hébergeait à son domicile, aurait été violemment agressée aux alentours de 1h15 du matin.

Sous l'emprise de l'alcool, avec un taux relevé à 0,78 gramme par litre, le prévenu aurait frappé son ami par surprise, notamment au visage, à l'aide d'une feuille de boucher. La victime a subi plusieurs blessures ayant entraîné une incapacité de travail de 13 jours.

Après les faits, c'est Adrien lui-même qui a alerté les secours. À leur arrivée, les services d'urgence découvrent la victime grièvement blessée ainsi que l'arme utilisée à proximité.

Au cours de l'enquête, le prévenu a expliqué avoir consommé une quantité importante d'alcool après avoir reçu une mauvaise nouvelle. Ancien militaire se présentant comme traumatisé par la guerre, il affirme avoir été victime d'un « flash » et avoir cru reconnaître une autre personne avant de s'en prendre à son ami. Il indique ne conserver que peu de souvenirs précis des faits.

Déjà connu de la justice avec trois mentions inscrites à son casier judiciaire, dont une pour conduite sous l'emprise d’alcool et une autre pour violences conjugales, Adrien est également suivi depuis de nombreuses années pour des troubles psychiatriques et des problèmes d'addiction à l'alcool. Il a notamment été hospitalisé à plusieurs reprises au centre hospitalier Belair.

L'expertise psychiatrique évoquée à l'audience fait état d'une amnésie des faits déclarée par le prévenu, d'un comportement décrit comme particulièrement froid et d'une dangerosité accrue lorsqu'il est alcoolisé, contrarié ou soumis à une forte tension. Le rapport souligne également que ses troubles psychiques pourraient constituer une menace pour l'ordre public. Les experts relèvent toutefois que l'intéressé reconnaît son besoin de soins et les sollicite régulièrement.

Face aux nombreuses interrogations qui subsistent sur l'état mental du mis en cause au moment des faits, le ministère public a requis un supplément d'information ainsi qu'une nouvelle expertise psychiatrique.

Le tribunal a suivi ces réquisitions. Une expertise psychiatrique complémentaire a été ordonnée. Dans l'attente des conclusions de cet examen et du futur jugement sur le fond, Adrien demeure placé en détention provisoire.

L'affaire sera jugée le 3 juillet prochain, à 13 h 30.