PFAS dans les Ardennes : La plainte collective est lancée

par Candide Blomme

Un an après la révélation de la contamination aux PFAS, les habitants des communes Ardennaises touchées passent à l'acte. Près de 400 personnes, soit 163 foyers, déposent plainte dans les prochains jours auprès du cabinet Légiplanet, spécialisé en droit de l'environnement. Cette action collective vient s'appuyer sur celle des communes, qui avaient déjà saisi la justice en avril. La stratégie est claire : faire masse pour peser davantage.

Toujours pas d'eau potable, toujours pas de suivi médical

Un an après, la situation reste bloquée. À Malandry, comme dans d'autres communes, l'eau n'est toujours pas remise en conformité. Et la demande de suivi épidémiologique, portée par les élus, vient d'être rejetée par le tribunal administratif de Strasbourg. « C'est une réponse qui n'est pas entendable », tranche Annick Dufils, maire de Malandry. « Il y a un problème de santé publique. La santé publique, c'est un enjeu prioritaire. On ne comprend pas ce déni du pouvoir par rapport à ce que nous vivons ».

Les communes avaient pourtant fait le chemin jusqu'au ministère de la Transition écologique. On leur avait promis un rendez-vous début juin. Aucune nouvelle. 

De la sidération à la colère

Tous ne sont pas logés à la même enseigne. À Haraucourt, un système de filtration a été installé et sera bientôt opérationnel. Ailleurs, rien n'a bougé. Mais la solidarité entre communes et citoyens, elle, tient. « C'est vraiment important pour nous », souligne Annick Dufils. « Continuer à avancer avec les citoyens des communes impactées ».

L'état d'esprit, lui, a évolué. « On est passé de la sidération à la colère. Et là, la colère grandit, parce qu'on se rend compte qu'on est impuissant ». Françoise Nicolas, habitante de Linay et membre du collectif, dit la même chose avec d'autres mots : « Pas un peu abandonnée. Beaucoup ». Chez elle, l'eau du robinet est bannie depuis un an. Des osmoseurs installés. Des prises de sang réalisées. Et une certitude qui ne vacille pas : « Pour les enfants, pour les générations qui viennent, il faut que ça s'arrête ».

Françoise Nicolas, au micro de Radio 8

Trois exigences, une mobilisation

Le dépôt de plainte collectif porte trois revendications, sur lesquelles est revenue Bernadette Pion, Référente du collectif pour Haraucourt

La suite se prépare : une réunion publique aura lieu le 2 juillet à la salle de Blagny, avant une mobilisation dont la date reste à fixer. « On va essayer de porter la voix des habitants de la ruralité concernés », promet Annick Dufils. Le collectif invite d'autres habitants à rejoindre la plainte. Plus nombreux, plus de poids face à un État qui, pour l'instant, n'entend pas.